Donc S. Matthieu a, par des récompenses, attiré les peuples à la vertu et à la foi ; celui-ci (Luc) les a également détournés des crimes et des péchés par l'annonce des supplices à venir ; et ce n'est pas sans raison que, suivant son chemin à travers le rappel de maintes actions divines, il est arrivé plus tard au point des béatitudes, afin d'enseigner aux peuples fortifiés par les miracles divins à s'avancer au-delà du chemin de la Loi par la marche des vertus. La crainte était de mise tant que le peuple encore infirme avait le coeur hésitant : à présent il fallait le son de la trompette pour réveiller le courage. Cela ressort de la manière dont se développent les discours de ce livre, ceux du début, ceux de la suite du sermon. Là ceux qui sont encore infirmes sont comme abreuvés du lait de la Loi et par les chemins de la Loi conduits à la grâce : ils entendent les choses de la Loi, afin qu'en suivant la Loi ils dépassent la Loi. Ici l'Église, mieux affermie, n'est plus abreuvée de lait mais nourrie d'un aliment : car c'est un aliment solide que la charité. Aussi bien, de ces trois sommets, foi, espérance, charité, le plus grand est la charité.