Mais certains ne peuvent croire d'emblée que le salut a été donné au monde par la Croix. Etablissez donc par l'histoire des Grecs que ce fut chose possible. Ainsi l'Apôtre lui-même à l'occasion persuade les incrédules, et ne recule pas devant les vers des poètes pour détruire les fables des poètes. Si l'on se souvient en effet que souvent des légions et de grands peuples ont été délivrés par le sacrifice et la mort de quelques-uns, comme l'affirme l'histoire grecque ; si l'on se rappelle que la fille d'un chef a été vouée au sacrifice pour faire passer les armées des Grecs; si nous considérons, chez nous, que le sang des boucs et des taureaux et la cendre d'une génisse sanctifie par son aspersion pour purifier leur chair, comme il est écrit aux Hébreux (IX, 13) ; si la peste, attirée sur certaines provinces par tels péchés des hommes, a été conjurée, dit-on, par la mort d'un seul : tout cela, ayant prévalu par raisonnement ou résulté d'un arrangement, pour que l'on crût plus facilement à la croix du Christ, créera une pente telle que ne pouvant renier leur histoire, ils acquiesceront à la nôtre.