Que les Gentils, s'il leur plaît, comparent aux bienfaits du Christ non pas les actions, mais les fictions de leurs dieux ! Leurs fables en effet rapportent qu'il y eut un roi qui changeait en or tout ce qu'il touchait ; mais les festins mêmes lui étaient funestes : les serviettes mêmes, saisies par ses doigts, se durcissaient, et la nourriture craquait dans sa bouche, lui procurant non des aliments, mais des blessures, et la boisson s'attachait à son gosier, ne pouvant ni pénétrer ni reculer. Bienfaits dignes de ses désirs ! présents dignes d'un tel solliciteur ! libéralité digne du donateur ! Tels sont les bienfaits des idoles : quand elles semblent rendre service, elles n'en sont que plus nuisibles. Au contraire les bienfaits du Christ semblent menus, et sont très grands. Aussi bien n'est-ce pas à un seul, mais aux foules, qu'il les accorde. La nourriture augmentait dans la bouche des mangeurs ; et il semblait que ce fût aliment pour le corps, mais on le prenait pour le salut éternel.