Car les dons de Dieu sont grands : non seulement II a restauré ce qui avait été nôtre, mais encore II nous a concédé ce qui Lui est propre. Il y a pourtant intérêt à se demander pourquoi les foules ne voyaient pas en Lui un autre qu'Élie, ou Jérémie, ou Jean-Baptiste. Elie peut-être parce qu'il fut enlevé au ciel ; mais le Christ n'est pas Elie : l'un est enlevé, l'autre revient ; l'un, dis-je, est enlevé, l'autre n'a pas cru enlever son égalité avec Dieu (Phil., II, 6) ; l'un est vengé par les flammes qu'il appelle (I Rois, XVIII, 38), l'autre a mieux aimé guérir ses persécuteurs que les perdre. Mais pourquoi l'ont-ils cru Jérémie ? peut-être parce qu'il fut sanctifié dès le sein (maternel). Mais il ne s'agit pas de Jérémie. L'un est sanctifié, l'autre sanctifie ; la sanctification de l'un a commencé avec son corps, l'autre est Saint du Saint. Pourquoi encore le peuple le croit-il Jean ? ne serait-ce point parce qu'étant au sein de sa mère il percevait la présence du Seigneur ? Mais il ne s'agit pas de Jean : l'un adorait étant au sein, l'autre était adoré ; l'un baptisait dans l'eau, le Christ dans l'Esprit ; l'un conseillait la pénitence, l'autre pardonnait les péchés.