Vous le voyez, nos corps sont désignés par la mention d'objets en terre, fragiles, qui en un instant sont précipités à terre et se brisent ; et les vouloirs intimes de l'âme se traduisent aisément par les expressions et les gestes du corps, comme transparaît au dehors ce que renferme l'intérieur de la coupe. Dans la suite, il n'est pas douteux que le mot de calice désigne la souffrance corporelle, quand le Seigneur dit : « Le calice que le Père m'a donné, vous ne voulez pas que je le boive ? » (Jn, XVIII, 11). On boit son corps quand on absorbe la faiblesse du corps par les dispositions de l'esprit, et qu'on le fait pour ainsi dire passer dans l'intelligence et dans l'âme, en sorte que l'impuissance extérieure soit résorbée au-dedans. Vous voyez donc que ce n'est pas l'extérieur de ce calice ou de ce plat qui nous souille, mais l'intérieur. Aussi, en bon maître, Il nous a enseigné comment purifier les taches de notre corps, en disant : « Faites l'aumône, et tout en vous sera pur. »