Mais revenons à notre sujet. Certains croient devoir entendre ici par Fils de l'homme comme par Esprit Saint le même Christ, réserve faite de la distinction des personnes et de l'unité de substance, parce que l'unique Christ, Dieu et homme, est aussi esprit, comme il est écrit : « L'esprit qui nous précède est le Christ Seigneur » (Lam., IV, 20). Il est également saint : car de même que le Père est Dieu et le Fils Seigneur, et le Père Seigneur et le Fils Dieu, de même aussi le Père est saint, et saint le Fils, et saint l'Esprit. Aussi les chérubins et les séraphins crient, sans que se lassent leurs voix : « Saint, saint, saint » (Is., VI, 3), pour signifier la Trinité par la triple reprise de cette invocation. Si donc le Christ est l'un et l'autre, quelle différence y a-t-il ? Ne s'agit-il pas de nous faire savoir qu'il ne nous est pas permis de nier la divinité du Christ22 ? Aussi bien en temps de persécution que nous demande-t-on, sinon de nier que le Christ soit Dieu ? Ainsi quiconque ne confesse pas que Dieu est dans le Christ, et que le Christ est de Dieu et en Dieu, n'obtient pas le pardon. Mais aussi « tout esprit qui ne confesse pas que le Christ est venu dans la chair, n'est pas de Dieu » (I Jn, IV, 2 ssq.) : car nier son humanité c'est nier sa divinité, puisque le Christ est Dieu dans l'homme, et l'homme en Dieu.