« Considérez, dit-il, les oiseaux du ciel. » Grand exemple, à coup sûr, et digne d'être imité par la foi. Car si les oiseaux du ciel, qui n'exercent en aucune façon l'agriculture, qui ne récoltent pas les moissons copieuses, reçoivent cependant sans faute de la providence divine leur nourriture, il faut vraiment voir dans l'avarice la cause de notre indigence. Car s'ils ont en abondance les ressources d'une pâture qui ne vient pas de leur travail, c'est qu'ils ne savent pas revendiquer comme propriété particulière les fruits à eux donnés pour la nourriture de tous, au lieu que nous avons perdu les biens communs en revendiquant des propriétés ; rien n'est propriété de personne, puisque rien n'est durable, et il n'est pas de provisions assurées quand l'issue est incertaine. Pourquoi considérer les richesses comme à vous, quand Dieu a voulu que le vivre même vous fût commun avec les autres animaux ? Les oiseaux du ciel ne revendiquent rien pour eux spécialement, et c'est pourquoi ils ignorent la disette de nourriture, ne sachant envier les autres. « Considérez les lis, comme ils grandissent » ; et, plus bas : « Or si l'herbe, qui est là aujourd'hui et que l'on jette demain au feu, est ainsi vêtue par Dieu... »