Mais si nous prenons garde que l'affaire de la religion vient en premier lieu, celle de la piété25 en second, nous jugerons que cette question même s'éclaire : il vous faut en effet faire passer l'humain après le divin. Car si l'on doit rendre des devoirs aux parents, combien plus au Père des parents, à qui vous devez être reconnaissant de vos parents mêmes ? Ou, s'ils ne reconnaissent pas du tout leur Père, comment les reconnaîtrez-vous ? Il ne dit donc pas qu'il faut renoncer aux objets de l'affection, mais préférer Dieu à tous. D'ailleurs vous trouvez dans un autre Livre : « Qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi » (Matth., X, 37). Il vous est interdit non d'aimer vos parents, mais de les préférer à Dieu : car les relations de nature sont des bienfaits du Seigneur, et nul ne doit aimer le bienfait reçu plus que Dieu, qui conserve le bienfait reçu de Lui. Donc même au sens littéral, ceux qui comprennent avec piété ne sont pas dépourvus d'une explication religieuse. Mais voici de quoi nous faire penser qu'il faut chercher un sens plus profond ; car Il a ajouté : « Désormais dans une même maison cinq seront divisés : trois prendront parti contre deux, et deux contre trois. »