Pourquoi en effet n'a-t-Il cité aucun autre animal ? n'est-ce pas pour montrer que malgré les chefs de la Synagogue le peuple juif et gentil en viendra à désaltérer la soif de son corps et les chaleurs de ce monde à l'abondance de la fontaine du Seigneur ? car « le b?uf a reconnu son possesseur, et l'âne la crèche de son maître » (Is., I, 3). Ainsi le peuple qui d'abord avait comme pâture un foin misérable desséché avant qu'on ne le recueille (Ps. 128,6), a reçu le pain descendu du ciel (Jn, VI, 33). Il dit donc que par la vocation des deux peuples l'Eglise sera sauvée, saluant, quand la Loi aura fait son temps et à l'époque de la résurrection du Seigneur, l'heure de sa délivrance. Que le Seigneur est donc clément ! qu'il est bon, de toute façon, qu'il ait pitié ou qu'il châtie ! Il ordonne de couper l'arbre, figure de la Synagogue ; Il guérit la femme, figure de l'Eglise. Comme la parabole est aimable, et bénévole la libération ! Il compare un lien à un lien, pour réfuter l'accusation des Juifs par leur propre conduite : alors en effet que le jour du sabbat ils détachent les liens des animaux, ils reprennent le Seigneur qui a délivré les hommes des liens des péchés. « A quoi ressemble le Royaume de Dieu ? à quoi jugerai-je qu'il ressemble ? Il ressemble au grain de sénevé : on l'a pris, on l'a mis dans son jardin, et il a grandi, et il est devenu arbre, et les oiseaux du ciel se sont posés sur ses branches. »