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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Il ne s'agit donc pas de grincements des dents matérielles, ni de quelque feu éternel de flammes matérielles, ni d'un ver matériel. Mais ceci est pour marquer que, comme l'excès des aliments engendre les fièvres et les vers, de même, si l'on ne cuit pas en quelque sorte ses péchés en employant la sobriété et l'abstinence, mais si, entassant péchés sur péchés, l'on contracte comme une indigestion de fautes anciennes et nouvelles, on sera brûlé par son propre feu et dévoré par ses vers. Aussi Isaïe dit-il : « Marchez à la lumière de votre feu et à la flamme que vous avez allumée » (Is., L, 11). Le feu est celui qu'engendré la tristesse des fautes ; le ver vient de ce que les péchés insensés de l'âme attaquent l'esprit et le sens du coupable, et rongent les entrailles de sa conscience (Sag., XII, 5) ; comme les vers ils naissent de chacun, pour ainsi dire du corps du pécheur. Aussi bien le Seigneur l'a déclaré par Isaïe, en disant : « Et ils verront les membres des hommes qui ont prévariqué contre moi ; et leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s'éteindra pas » (Is., LXVI, 24).