(Cf. Matth.,XX, 3-16). Et puisque nous sommes arrivés à la vigne du Seigneur, n'en repartons pas les mains vides ; car il est bon d'en cueillir les fruits, d'en voir les mercenaires. Quelle est en effet la signification de ces ouvriers engagés aux diverses heures d'un même jour, sinon que « mille ans, aux yeux du Seigneur, sont comme la journée d'hier, qui est passée, et comme une heure dans la nuit » (Ps. 89, 4) ? Quelle est cette nuit, sinon celle qui est venue d'abord, pour que le jour se fît proche (Rom.,XIII, 22) ? Et c'est vraiment une heure dans la nuit, puisque mille ans sont comme un jour. Il savait la portée de ce jour, celui qui a dit : « Jésus-Christ est le même hier, et aujourd'hui, et pour les siècles » (Hébr., XIII,8). Il savait que ce jour est multiple, celui qui a écrit : « C'est le jour de la naissance du ciel et de la terre, lorsqu'ils furent créés ; jour où Dieu fit le ciel et la terre et toute la verdure des champs» (Gen., II, 4). Ayant en effet décrit auparavant sept jours, il résume ensuite en un seul jour tout ce qui s'est fait, montrant que toute la durée du monde est aux yeux du Seigneur comme un jour unique : attendu que du chaos et des ténèbres le visage du monde s'est dégagé à la clarté de l'oeuvre divine. Si donc toute la durée du monde est un seul jour, il compte certainement ses heures par siècles : autrement dit les siècles mêmes sont ses heures. Or « il y a douze heures dans le jour » (Jn, XI, 9). Donc au sens mystique, le jour, c'est bien le Christ : Il a ses douze Apôtres, qui ont resplendi de la lumière céleste, en qui la grâce a ses phases distinctes.