Tel est le premier aveu, à l'auteur de la nature, au maître de la miséricorde, au juge de la faute. Mais bien qu'il connaisse tout, Dieu cependant attend l'expression de notre aveu ; car « c'est par la bouche que se fait la confession en vue du salut» (Rom., X, 10), attendu qu'on allège le poids de son égarement quand on se charge soi-même ; et c'est couper court à l'animosité de l'accusation que prévenir l'accusateur en avouant : car « le juste, dès le début de son discours, est son propre accusateur » (Prov., XVIII, 17). D'autre part, il serait vain de vouloir dissimuler à Celui que vous ne tromperez sur rien ; et vous ne risquez rien à dénoncer ce que vous savez être déjà connu. Avouez plutôt, afin que pour vous intervienne le Christ, que nous avons pour avocat auprès du Père (I Jn, II, 1) ; que l'Église prie pour vous, que le peuple pleure sur vous37. Et ne redoutez pas de ne pas obtenir : l'avocat vous garantit le pardon, le patron vous promet la grâce, le défenseur vous assure la réconciliation avec la tendresse paternelle. Croyez, car Il est vérité ; soyez en repos, car Il est force. Il a sujet d'intervenir pour vous, afin de n'être pas inutilement mort pour vous. Le Père aussi a sujet de pardonner, car « ce que veut le Fils, le Père le veut» (Gal., II, 21).