Que s'il a reproché aux disciples de vouloir faire descendre le feu sur ceux qui n'avaient pas reçu le Christ, cela nous montre qu'il ne faut pas toujours châtier ceux qui ont péché ; car parfois la clémence est plus avantageuse, à vous quant à la patience, au coupable pour le relever. D'ailleurs, les Samaritains ont été prompts à croire, eux de qui en cet endroit le feu est écarté. Apprenez du même coup qu'Il n'a pas voulu être reçu par ceux qu'Il savait n'être pas convertis d'une âme simple : s'Il l'eût voulu, Il aurait fait de ces non-dévoués des dévoués. Pourquoi ne l?ont-ils pas accueilli, l'Evangéliste même l'a mentionné quand il dit : « Parce qu'il avait l'apparence de celui qui se rend à Jérusalem. » Pour les disciples, ils désiraient être accueillis en Samarie ; mais Dieu appelle qui il Lui plaît et rend religieux qui Il veut 7. Les disciples ne sont pas en faute ; ils s'en tiennent à la Loi ; ils savaient que Phinées avait été réputé juste pour avoir mis à mort les sacrilèges (Nombr., XXV, 7 ssq. ; PS.105, 30 ssq.), et qu'à la prière d'Elie le feu était descendu du ciel pour venger l'affront fait au Prophète (I Rois, XVIII, 38). Mais la vengeance est bonne pour celui qui craint ; celui qui n'a point peur ne cherche pas à se venger. Cela nous montre aussi que les Apôtres avaient les privilèges des prophètes, puisqu'ils comptent, comme chose acquise, sur ce même pouvoir que le grand Prophète avait mérité. Et ils ont lieu de compter qu'à leur parole le feu descendra du ciel, puisqu'ils sont les Fils du Tonnerre.