Il ne parle donc pas d'un seul, mais de plusieurs : car Pierre n'est pas mort, puisque, selon la parole du Seigneur, la porte de l'enfer n'a pu triompher de lui ; Jacques et Jean, les Fils du Tonnerre, ne sont pas morts non plus, puisqu'ayant été admis à l'expérience de la gloire céleste, les choses de la terre ne l'emportent pas sur eux, mais sont à leurs pieds. Soyez donc vous aussi Pierre, dévoué, fidèle, pacifique, afin d'ouvrir les portes de l'Église, d'échapper aux portes de la mort. Soyez fils du Tonnerre. Vous me direz : Comment puis-je être fils du Tonnerre ? Vous pouvez l'être, si vous reposez non sur terre, mais sur la poitrine du Christ ; vous pouvez être fils du Tonnerre, si les choses de la terre ne vous émeuvent pas, mais si vous-même au contraire secouez les choses de la terre par la force de votre âme ; que la terre tremble devant vous, ne vous retienne pas ; que la chair craigne la puissance de votre âme, soit abattue et domptée. Vous serez fils du Tonnerre, si vous êtes fils de l'Église ; que du gibet de la Croix le Christ vous dise aussi : « Voici votre mère » ; qu'il dise aussi à l'Eglise : « Voici votre fils » ; c'est alors que vous commencerez d'être fils de l'Église, quand vous verrez le Christ triomphant sur la Croix. Car celui qui voit dans la Croix un scandale est Juif, il n'est pas fils de l'Église ; celui qui voit dans la Croix une folie est Grec (Cf. I Cor., I 23) ; mais le fils de l'Église, c'est celui qui voit dans la Croix un triomphe, qui reconnaît la voix du Christ triomphant.