Donc les plus parfaits sont envoyés sans bâton, les plus faibles mangent avec un bâton. Mais Paul lui-même, s'il menace du bâton, visite les pécheurs en esprit de mansuétude ; aussi bien, pour vous faire voir qu'il est un doux docteur, il consulte la volonté de ceux mêmes qu'il reprend : « Que voulez-vous ? dit-il : que je vienne à vous avec le bâton, ou dans la charité et en esprit de mansuétude » (I Cor., IV, 21) ? Il n'a parlé qu'une fois du bâton, il a deux fois ajouté des choses plus aimables, joignant la mansuétude à la charité. Sans doute il a d'abord menacé ; mais il a usé de mansuétude, car, dans la seconde lettre qu'il écrit aux Corinthiens, il dit : « Je prends Dieu à témoin sur mon âme, que pour vous épargner je ne suis pas venu à Corinthe » (II Cor., I, 23) ; écoutez pourquoi il a cru devoir épargner : « Pour ne pas revenir à vous, dit-il, dans la tristesse » (Ib., II, 2). Il a jeté le bâton et pris une disposition de charité. « Et ne saluez personne en chemin. »