Mais considérez qu'il n'y a pas seulement : « Ne saluez personne » ; ce n'est pas en vain qu'il y a l'addition : « en chemin. » Aussi bien Elisée, quand il envoya son serviteur poser son bâton sur le corps du petit mort, lui prescrivit aussi de ne saluer personne en chemin (II Rois, IV, 29) : il lui ordonnait de se presser, de se hâter pour faire son office et procéder à la résurrection, afin que nul entretien avec quelque passant ne retardât la mission qu'il avait reçue. Donc, ici non plus, il ne s'agit pas d'écarter l'empressement à saluer, mais de supprimer l'obstacle qui gênerait le service ; en présence d'ordres divins, l'humain doit être pour un temps mis de côté. C'est beau de saluer ; mais l'accomplissement des ?uvres divines est d'autant plus beau qu'il est plus prompt, et son retard souvent encourt le mécontentement. C'est pourquoi les politesses mêmes sont interdites, de peur que la civilité consacrée ne retarde et ne gêne l'accomplissement du devoir, qu'il y a faute à ajourner.