Pourtant on ne reproche pas à Marthe ses bons offices ; mais Marie a la préférence, pour s'être choisi une meilleure part. Car Jésus a de multiples richesses et fait de multiples largesses : aussi la plus sage a choisi ce qu'elle a reconnu être le principal. Par ailleurs les Apôtres n'ont pas jugé qu'il fût pour le mieux de délaisser la parole de Dieu et de servir aux tables (Act., VI, 2) ; mais les deux choses sont oeuvre de sagesse, car Etienne aussi était rempli de sagesse et fut choisi comme serviteur. Donc que celui qui sert obéisse au docteur, et que le docteur exhorte et anime celui qui sert. Car le corps de l'Eglise est un, si les membres sont divers ; ils ont besoin l'un de l'autre ; « l'?il ne saurait dire à la main : je ne désire pas tes services, ni de même la tête aux pieds » (I Cor., XII, 12 ssq.), et l'oreille ne saurait nier qu'elle soit du corps. Car s'il en est de principaux, les autres sont nécessaires. La sagesse réside dans la tête, l'activité dans les mains ; car « les yeux du sage sont dans sa tête » (Eccl., II, 14), puisque le vrai sage est celui dont l'esprit est dans le Christ, et dont l'?il intérieur est levé vers les hauteurs ; aussi les yeux du sage sont dans sa tête, ceux du fou dans son talon. "Si quelqu'un d'entre vous, ayant un ami, va le trouver au milieu de la nuit et lui dit : Ami, prête-moi trois pains."