Et ce n'est pas seulement au milieu de la nuit, mais presque à tous les instants que le Seigneur recommande de veiller : car Il vient le soir, et à la seconde et à la troisième veille, et Il a coutume de frapper. « Heureux dès lors les serviteurs qu'à sa venue le Seigneur trouvera éveillés. » Si donc vous désirez que la puissance de Dieu s'apprête et vous serve (Lc, XII, 37), il faut veiller toujours ; car il y a bien des embûches autour de nous, et lourd est le sommeil du corps ; si l'âme se met à en dormir, elle perdra sa vigueur et sa force. Secouez donc votre sommeil, afin de frapper à la porte du Christ. Cette porte, Paul lui aussi demande qu'elle lui soit ouverte : non content de ses prières, il supplie que celles du peuple l'assistent, afin que la porte lui soit ouverte pour parler du mystère du Christ (Col., IV, 3). Et peut-être est-ce la porte que Jean a vue ouverte ; car il l'a vue, et il a dit : « Après cela j'ai vu ; et voici une porte ouverte dans le ciel, et la voix que j'avais d'abord entendue me parlait, telle une trompette, et disait : Monte jusqu'ici, et je te montrerai ce qui doit s'accomplir » (Apoc., IV, 1). La porte s'est donc ouverte pour Jean ; la porte s'est ouverte pour Paul, afin qu'il reçût pour nous les pains que nous mangerions : car il a persisté à frapper à la porte, à propos, hors de propos (II Tim., IV, 2) afin de ranimer les Gentils, fatigués et lassés de la route du monde, par l'abondance de la nourriture céleste.