Quelle démence et quelle fureur sacrilège ! Alors que le Fils de Dieu a pris chair pour écraser les esprits impurs et arracher son butin au prince du monde, alors qu'il a également donné aux hommes le pouvoir de détruire les esprits mauvais, partageant ainsi les dépouilles, ce qui est la marque du triomphateur, certains invoquent en leur faveur l'aide et le secours de la puissance diabolique, quand c'est par le doigt de Dieu ? ou encore, selon Matthieu (XII, 28), par l'Esprit de Dieu ? que les démons sont chassés. On comprend par là que le royaume de la divinité est comme un corps indivisible, puisque le Christ est la droite de Dieu, et que l'Esprit semble offrir l'image d'un doigt, telle l'ossature d'un corps figurant l'unité dans la divinité. Le royaume n'apparaît-il pas comme indivisible, puisqu'il est comme un corps indivisible ? Car « dans le Christ, vous l'avez lu, habite corporellement la plénitude de la divinité» (Col., II, 9) : ce que vous ne sauriez assurément nier du Père, et ne devez pas nier de l'Esprit. Et que cette comparaison avec nos membres ne vous fasse pas croire qu'il y ait lieu d'établir un partage de puissance : une chose indivisible ne peut se diviser. C'est donc comme figure de l'unité, non pour distinguer la puissance, qu'il faut entendre cette mention du doigt, puisque la droite de Dieu dit : « Mon Père et moi ne faisons qu'un » (Jn, X, 30). Mais si la divinité est indivisible, la personne est distincte.