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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

C'est, semble-t-il, un récit plutôt qu'une parabole, du moment que le nom même est exprimé . Ce n'est pas sans raison que le Seigneur a montré ici un riche ayant épuisé les délices du monde, installé aux enfers dans le tourment d'une faim perpétuelle (et ce n'est pas en vain qu'on lui voit cinq frères, c'est-à-dire les cinq sens du corps, unis par une sorte de fraternité de nature, qui brûlaient de convoitises sans mesure et sans nombre) ; par contre, Il a logé Lazare dans le sein d'Abraham, comme dans un port tranquille et un asile inviolable, de peur qu'alléchés par les plaisirs présents nous ne demeurions dans les vices, ou que, vaincus par la lassitude, nous n'esquivions la peine et les labeurs. Soit donc qu'il s'agisse de Lazare, pauvre dans le monde mais riche devant Dieu, soit de celui qui, selon l'Apôtre, est pauvre de parole, riche de foi (Jac., II, 5) — car toute pauvreté n'est pas sainte ni toutes richesses répréhensibles, mais, comme la débauche déshonore les richesses, la sainteté recommande la pauvreté — soit donc de l'homme apostolique qui garde la vraie foi, qui ne recherche pas le diadème des paroles, le fard des raisonnements, les fastueux vêtements des phrases, il reçoit sa récompense avec usure en combattant les hérétiques : le manichéen, Marcion, Sabellius, Arius et Photin — ceux-là sont en effet tout simplement les frères des Juifs, à qui les unit la parenté de la fausse croyance — en réprimant d'autre part les convoitises de la chair, qui, je l'ai dit, sont attisées par les cinq sens, il reçoit, dis-je, sa récompense avec usure, ayant en paiement des richesses surabondantes et la rente de l'éternité.