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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Qu'il a bien fait, après le tourment du riche dans les supplices, d'ajouter le précepte d'accorder le pardon — à ceux bien entendu qui se détournent de leur égarement — pour que le désespoir n'empêche personne d'être ramené de sa faute ! Et quelle mesure, en sorte que le pardon ne soit pas pénible ni l'indulgence relâchement, que nul ne soit heurté par une dure réprimande ni encouragé à pécher par le laisser-faire ! De même encore, ailleurs : « Si votre frère a péché contre vous, allez lui faire des remontrances, entre vous et lui » (Matth., XVIII, 15) ; car une remontrance amicale est plus efficace qu'une accusation tapageuse : celle-là inspire la honte, celle-ci provoque la colère. Mieux vaut tenir en réserve la crainte pour l'averti d'être dénoncé. Il est bon, réellement, que celui qui est repris vous considère comme un ami plutôt qu'un ennemi : on se range plus facilement aux conseils qu'on ne cède à la dureté. Aussi l'Apôtre : « Reprenez-le, dit-il, comme un frère » — afin qu'il rougisse — « ne le regardez pas comme ennemi » (II Thess., III, 15). Car la crainte est un faible gardien de la persévérance, mais la honte un bon maître du devoir : celui qui craint est réprimé, non corrigé ; la pudeur fait de l'agir une nature.