Reconnaissez donc que vous êtes un serviteur tenu à nombre de services. Ne vous rengorgez pas d'être appelé enfant de Dieu — il faut reconnaître la grâce, mais sans méconnaître la nature — ne vous vantez pas si vous avez bien servi : vous deviez le faire. Le soleil fait son office, la lune obéit, les anges font leur service ; l'instrument choisi par le Seigneur pour les Gentils dit : « Je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu» (I Cor., XV, 9) ; et, dans un autre endroit, après avoir montré qu'il n'a conscience d'aucune faute, il ajoute : «Mais je ne suis pas justifié pour autant» (I Cor., IV, 4). Donc nous aussi, ne prétendons pas être loués pour nous-mêmes ; ne devançons pas le jugement de Dieu ; ne prévenons pas l'arrêt du juge, mais réservons-le pour son temps, pour son juge. Après quoi les ingrats sont repris (Lc, XVII, 11 ssq.), et de la sorte on arrive finalement au discours sur le jugement à venir. «A cette heure-là, celui qui sera sur son toit et aura ses meubles dans la maison ne devra pas descendre pour les emporter ; de même celui qui sera aux champs ne devra pas revenir sur ses pas. Souvenez-vous de l'épouse de Lot. »