Et pour ne point sembler contrister les disciples en leur refusant quelque chose, Il dit en un autre livre : « Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils » (Matth., XXIV, 36). Il a bien dit le Fils, sans préciser (car le Fils de l'homme est en même temps Fils de Dieu), de manière à nous faire penser qu'il a plutôt parlé du Fils de l'homme : car Il connaît la fin des temps non par sa nature humaine, mais par sa nature divine. Il n'est pourtant pas contraire à la foi de l'entendre du Fils de Dieu. Qu'est-ce que le Père, si bon, a pu cacher au Fils, à qui Il a tout donné (Jn, III, 35) ? et comment ne lui a-t-il pas donné la connaissance du moment, ayant donné le pouvoir même de juger (Ib., V, 22) ? Comment encore le Fils peut-Il ignorer ce que le Père connaît, alors que le Fils est dans le Père (Ib., XIV, 11) et que l'Esprit sonde les profondeurs mêmes de Dieu (I Cor., II, 10), alors que le Fils lui-même est la profondeur des trésors de la sagesse et de la science divine (Rom., XVII, 33) ? Mais Il a montré en un autre passage pourquoi Il n'a pas voulu le dire : « Il ne vous appartient pas, dit-Il, de connaître les temps et les années dont le Père s'est réservé le pouvoir » (Act., l, 7).