Donc « si l'on est sur le toit, qu'on ne descende pas ; et si l'on est aux champs, qu'on ne revienne point sur ses pas ». Comment comprendrais-je ce qu'est le champ, si Jésus Lui-même ne me l'apprenait, en disant : « Si, ayant mis la main à la charrue, on regarde en arrière, on n'est pas fait pour le Royaume des cieux» (Lc, IX, 62) ? Le fainéant est assis à la ferme, le travailleur sème aux champs ; l'infirme est au coin du feu, le courageux à la charrue. L'odeur du champ est bonne, car l'odeur de Jacob est l'odeur d'un champ rempli (Gen., XXVII, 27) : le champ est rempli de fleurs, rempli de produits variés. Labourez donc votre champ, si vous voulez aboutir au Royaume de Dieu. Que fleurisse pour vous la moisson fertile des bons mérites. Qu'il y ait « une vigne abondante aux murs de votre maison, et de jeunes oliviers autour de votre table » (Ps. 127, 3). Désormais consciente de sa fertilité, ensemencée de la parole de Dieu, cultivée par les soins spirituels, que votre âme dise au Christ : « Venez, mon frère, sortons dans les champs » (Cant., VII, 11), et que Lui réponde : « Je suis entré dans mon jardin, ma soeur et mon épouse ; j'ai récolté ma myrrhe » (Ib., V, 1). Est-il récolte meilleure que celle de la foi, qui engrange les fruits de la résurrection39 , qu'arrosé la source de la joie sans fin ?