De même ceux-ci doivent chercher dans les mots le mystère, qui est comme l'esprit et l'âme des mots, et ne pas examiner les mots dans le mystère. Le chameau est donc considéré comme la figure de la Gentilité. Le lion cherchant qui dévorer (I Pierre, V, 8) le chasse au désert, chargé d'un trésor dans les visions des Prophètes : « Dans la détresse et l'angoisse, le lion et le lionceau portaient aux vipères et à la race des vipères volantes leurs richesses, sur des ânes et des chameaux » (Is., XXX, 6) . Et le chameau a été bien choisi pour figurer la Gentilité, parce que le peuple des Gentils, dégénéré et enlaidi par la superstition, avait, avant de croire, l'apparence de cette bête hideuse, sa démarche absurde, son museau difforme. Ce pécheur est donc entré par la voie étroite (c'est-à-dire la voie du Christ, qui, forçant la voie de la mort par la souffrance de son corps, a comme une aiguille réparé les vêtements déchirés de notre nature), plus facilement que le peuple juif, riche de la Loi, pauvre en foi, emporté par sa fureur, infâme par son crime.