Cependant, puisqu'il a publié plus haut l'annonce du Royaume de Dieu, et qu'ayant dit que pas un point de la Loi ne peut tomber, Il a ajouté : « Quiconque délaisse son épouse pour en prendre une autre, est adultère », l'Apôtre nous donne un juste avertissement en disant que c'est là un grand mystère, concernant le Christ et l'Église (Éphés., V, 32). Vous trouvez donc là un mariage dont nul ne peut douter que Dieu l'ait uni, puisqu'il dit Lui-même : « Nul ne vient à moi si mon Père, qui m'a envoyé, ne l'attire » ( Jn, VI,44). Lui seul en effet pouvait unir de telles noces, et c'est pourquoi Salomon dit, au sens mystique : « C'est Dieu qui prépare à l'homme son épouse » (Prov., XIX, 14). L'Epoux, c'est le Christ, l'Epouse, c'est l'Église : épouse par l'amour, vierge par la chasteté. Que celui donc que Dieu a attiré au Christ n'en soit pas séparé par la persécution, détourné par la débauche ; qu'il ne soit pas ravagé par la philosophie, corrompu par le manichéen, dévoyé par l'arien, gâté par le sabellien. Dieu l'a uni, que le Juif ne le sépare pas. Sont adultères tous ceux qui voudraient adultérer la vérité de la foi et de la sagesse.