Quelle est cette bride, mes frères ? Qui m'enseignera comment elle serre ou délie les lèvres des hommes ? Il m'a fait voir cette bride, celui qui a dit : « afin que la parole me soit donnée pour ouvrir mes lèvres » (Éphés., VI, 19). La parole est donc bride, la parole est aiguillon ; aussi « il vous est fâcheux de regimber contre l'aiguillon » (Act., IX, 5 ; XXVI, 14). Il nous a donc appris à ouvrir notre c?ur, à endurer l'aiguillon, à porter le joug ; qu'un autre nous apprenne encore à supporter le frein de la langue : car plus rare est la vertu du silence que celle de la parole. Oui, qu'il nous l'apprenne, celui qui, comme muet, n'a pas ouvert la bouche contre l'imposture, prêt pour les fouets (Ps. 37, 14) et ne refusant pas les coups, pour être une docile monture à Dieu.