Ne méprisez donc pas cet ânon : de même que la peau des brebis peut couvrir des loups rapaces (Matth., VII, 15), de même inversement un coeur humain peut se cacher sous les dehors d'une bête ; car sous le vêtement du corps, qui nous est commun avec les animaux, vit l'âme que Dieu remplit. Qu'il y ait là une figure des hommes, saint Jean l'a mis en pleine clarté, quand il ajoute qu'ils prirent en mains la fleur des palmiers (Jn, XII, 13) ; car « le juste fleurira comme le palmier » (Ps. 91, 13). Ainsi, à l'approche du Christ, se dressaient, dépassant les épaules des hommes, les étendards de la justice et les emblèmes des triomphes. Pourquoi la foule s'étonne-t-elle du mystère qui s'accomplit ? Bien qu'ignorant ce qui l'étonné, elle admire pourtant que sur cet ânon la Sagesse ait pris place, la vertu soit assise, la justice établie.