Et à la saison des fruits il envoya ses serviteurs. Il a bien fait d'écrire la saison des fruits, et non leur récolte : car les Juifs n'ont donné aucun fruit ; nul a été le rapport de cette vigne, dont le Seigneur dit : « J'ai compté qu'elle produirait des raisins, mais elle a produit des épines » (/s., V, 2). Dès lors, ce n'est pas le vin d'allégresse, le moût de l'Esprit, mais le sang vermeil des Prophètes, que les pressoirs ont dégorgé. Aussi bien Jérémie a-t-il été jeté dans une fosse (Jér., XLIV, 6) : car tels étaient désormais les pressoirs des Juifs, remplis non de vin, mais de bourbe. Et bien que les Prophètes semblent indiqués en termes généraux, le texte nous donne à entendre que celui qui fut lapidé, c'est Naboth48 : il est vrai que nous n'avons recueilli de lui aucune prophétie verbale ; mais nous avons recueilli une prophétie par le fait, car par son propre sang il a prophétisé que cette vigne aurait bien des martyrs. Et quel est celui qui est blessé à la tête ? Evidemment Isaïe49 : car la scie a plus aisément sectionné la charpente de son corps qu'elle n'a fait plier sa foi, usé sa constance, ou rogné la vigueur de son âme.