Les hommes de ce monde donnent en outre un grand nombre de préceptes sur la façon de parler, qu'il nous faut, à mon avis, laisser de côté, par exemple sur les règles de la plaisanterie . De fait, bien que les plaisanteries soient parfois belles moralement et agréables, cependant elles répugnent à la discipline ecclésiastique, car, ce que nous n'avons pas trouvé dans les Écritures, comment pouvons-nous en faire usage ?
II faut s'en garder en effet, même dans les conversations, de peur qu'elles ne rabaissent la dignité d'un dessein de vie plus austère. « Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez » dit le Seigneur ; et nous, nous cherchons matière à rire afin que, riant ici-bas, nous pleurions là-haut ! Ce ne sont pas seulement les plaisanteries sans bornes mais encore toutes les plaisanteries qu'il faut, à mon avis, éviter, à cette réserve près qu'il n'est pas inconvenant que, d'aventure, un discours soit plein de dignité et d'agrément.
Que dirais-je en effet de la voix dont je pense qu'il suffit qu'elle soit simple et pure ? Qu'elle soit harmonieuse dépend de la nature et non du savoir-faire. Par la manière de prononcer, que la voix soit tout à fait nette et pleine de sève virile, afin d'éviter un accent rustique et quelque peu campagnard, non pas pour rechercher un débit théâtral, mais pour respecter un débit religieux.