La bienveillance est augmentée par l'assemblée qu'est l'Église, par le partage de la foi, par la communauté d'initiation, par le lien de la réception de la grâce, par la participation aux mystères . Tout cela en effet reprend à son compte jusqu'aux dénominations des liens de famille : respect des fils, autorité et bonté des pères, entente des frères. Le lien de la grâce fait donc beaucoup pour porter à son comble la bienveillance.
Les inclinations vers des vertus semblables l'aident également, puisque la bienveillance accomplit également la similitude des caractères. Ainsi Jonathan, le fils du roi, imitait la douceur du saint David pour la raison qu'il l'aimait. Aussi ce mot : « Avec le saint tu seras saint » semble devoir être interprété, non seulement dans le sens du genre de vie, mais encore dans celui de la bienveillance. Car assurément, les fils de Noé habitaient ensemble et il n'y avait pas en eux accord des caractères. Esaü et Jacob habitaient aussi dans la maison de leur père, mais ne s'accordaient pas. Il n'y avait pas en effet entre eux une bienveillance capable de préférer l'autre à soi-même, mais plutôt une rivalité pour ravir la bénédiction. De fait, comme l'un était très dur et l'autre doux, entre des caractères dissemblables et des inclinations opposées, il ne pouvait y avoir de bienveillance. Ajoute que le saint Jacob ne pouvait préférer à la vertu le fils indigne de la maison paternelle.
Or rien n'est autant un lien de vie sociale que la justice jointe à l'équité ; cette justice, pour ainsi dire la semblable et la compagne de la bienveillance, fait que nous aimons ceux que nous croyons semblables à nous ". D'autre part la bienveillance porte en soi le courage ; en effet puisque l'amitié découle de la source de la bienveillance, elle n'hésite pas pour un ami à assumer de graves risques où il y va de la vie : « Et si des maux, dit l'Écriture, m'arrivent par lui, je les assume ».