Voici encore ce qu'on appelle l'indifférence de l'âme aux inquiétudes : que nous ne soyons pas trop tendres dans les souffrances ni trop fiers dans les succès. Que si ceux qui exhortent des hommes à prendre en mains l'Etat, donnent ces préceptes , combien plus nous qui sommes appelés au devoir d'une charge d'Église, devons-nous accomplir des actes tels qu'ils plaisent à Dieu, afin que la force du Christ réside en nous et que nous soyons agréables à notre « Empereur », de telle sorte que nos membres soient des armes de justice — des armes non pas charnelles où règne le péché, mais des armes solides au service de Dieu — pour détruire le péché. Que meure notre chair afin qu'en elle meure toute faute, et que, « passés pour ainsi dire de la mort à la vie », nous ressuscitions en œuvres et conduites nouvelles.
Telles sont, comblées de la beauté morale et de la convenance, les récompenses du devoir du courage. Mais parce qu'en tout ce que nous faisons, nous recherchons non seulement ce qui est beau, mais encore ce qui est possible, de peur que par hasard nous n'entamions quelque chose que nous ne puissions achever, partant de cette raison le Seigneur veut qu'en temps de persécution, nous nous retirions de cité en cité, bien plus, pour user de son propre terme, « nous fuyions » , de peur que quelqu'un, en désirant à la légère la gloire du martyre, ne s'expose à des périls que peut-être ne pourrait assumer et subir sa chair trop faible ou son âme trop lâche.