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Les Devoirs des ministres

OFFM · Ambroise de Milan · 391 · FR · 550 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Observons donc la modestie et cette modération qui rehausse la parure de toute la vie. Ce n'est pas en effet chose banale, pour chacune des affaires, de tenir la mesure et d'établir un ordre en lequel vraiment brille avec éclat ce qu'on appelle le convenable et celui-ci est à ce point lié avec la beauté morale qu'on ne peut l'en dissocier . Car, à la fois, ce qui est convenable est beau et ce qui est beau est convenable, de telle sorte qu'il existe plutôt une distinction dans le langage qu'une différence dans la vertu. Que ces réalités en effet diffèrent entre elles, on peut le saisir, mais on ne peut l'expliquer.

Et pour essayer de tirer quelque chose concernant cette distinction, la beauté morale est comme la santé et une sorte de bon état du corps ; quant à la convenance, elle est pour ainsi dire la grâce et la beauté. Ainsi donc, de même que la beauté paraît l'emporter sur le bon état et la santé, et cependant ne peut exister sans eux, ni en être séparée en aucune manière, parce que s'il n'y a pas la santé, il ne peut y avoir la beauté et la grâce, de même la beauté morale comporte en elle ce convenable, de telle sorte que celui-ci paraît procéder de celle-là et ne peut exister sans elle. Ainsi donc la beauté morale est comme le bon état de toute notre œuvre et de toute notre action, et le convenable est comme le bel aspect — pour mêlé que soit ce convenable à la beauté morale, la réflexion l'en distingue. De fait, même si le convenable, dans un cas donné, paraît l'emporter, cependant il existe sur la racine de la beauté morale, mais à la manière d'une fleur de choix, de telle sorte que sans la beauté morale il se fane, que sur elle, il fleurit. Qu'est-ce en effet que la beauté morale, si ce n'est ce qui fuit la laideur comme la mort ? Mais qu'est-ce que le contraire du beau, sinon ce qui amène la sécheresse et la mort ? Tant donc que l'essence de la vertu est un bois vert, ce convenable y brille comme une fleur, parce que la racine est saine ; mais en vérité lorsque la racine de notre dessein est viciée, rien ne germe.

On trouve cela dans nos Écritures de façon sensiblement plus nette. David dit en effet : « Le Seigneur a établi son règne, il a revêtu l'éclat de la convenance ». Et l'apôtre déclare : « Gomme en plein jour, marchez dans la beauté », ce qu'on exprime en grec par ???????? . Or ce terme signifie proprement : avec bonne tenue, avec bon aspect. Ainsi donc Dieu, quand il créa le premier homme, le façonna avec un bon extérieur, une bonne disposition des membres et lui donna très bon aspect ; il ne lui avait pas donné la rémission des péchés ; mais après qu'il eut rénové par l'Esprit et rempli de grâce celui qui était venu dans la condition d'esclave et l'aspect d'homme , il assuma l'éclat de la convenance, attaché à la rédemption de l'homme. Et c'est pourquoi le prophète a dit : « Le Seigneur a établi son règne, il a revêtu l'éclat de la convenance ». Ensuite il dit ailleurs « C'est à toi que convient, ô Dieu, l'hymne dans Sion », c'est-à-dire : il est beau que nous te craignions, que nous t'aimions, que nous te priions, que nous te rendions honneur ; il est écrit en effet : « Que toutes choses chez vous se fassent dans la beauté ». Mais nous pouvons craindre aussi un homme, l'aimer, le solliciter, l'honorer, tandis que l'hymne s'adresse spécialement à Dieu : il est convenable de croire supérieur, pour ainsi dire, à toutes les autres choses, ce que nous présentons à Dieu. Il sied que la femme aussi prie « dans une tenue soignée », mais il convient spécialement qu'elle prie voilée et qu'elle prie en promettant la chasteté en même temps qu'une bonne conduite.