Et puisque la seule science de la nature a été rejetée, soit comme vaine selon les discussions oiseuses de la philosophie, soit comme une doctrine imparfaite, examinons quelle limpide doctrine se dégage de la divine Ecriture à ce sujet sur lequel nous voyons qu'il existe des recherches philosophiques si nombreuses, embrouillées et désordonnées. L'Ecriture affirme en effet, que rien n'est bon si ce n'est le beau, et elle estime heureuse, en tout état de cause, la vertu, que ne peuvent augmenter les biens du corps ou extérieurs ni ne peuvent diminuer les adversités ; et elle affirme que rien n'est aussi heureux que ce qui est étranger au péché, plein d'innocence, rempli de la grâce de Dieu. Il est écrit en effet : « Heureux l'homme qui ne s'en est pas allé dans l'assemblée des impies, qui ne s'est pas tenu sur le chemin des pécheurs et qui ne s'est pas assis dans la chaire de corruption, mais dont la volonté s'est tenue dans la loi du Seigneur ». Et ailleurs : « Heureux, purs sur le chemin, ceux qui marchent dans la loi du Seigneur.
Ainsi donc l'innocence et la science font l'homme heureux. Nous avons observé précédemment que le bonheur de la vie éternelle est aussi la récompense de la bonne manière d'agir. Il reste donc, pour l'Ecriture, à montrer que si l'on méprise la dépendance du plaisir, ou la crainte de la souffrance — l'Ecriture rejette l'une comme exténuante et amollissante, l'autre comme dévirilisante et affaiblissante — dans les souffrances elles-mêmes, la vie heureuse apparaît éminemment. Ce qu'on peut facilement enseigner quand on a lu : « Heureux êtes-vous quand on vous maudira, qu'on vous persécutera et qu'on dira toute sorte de mal contre vous, à cause de la justice. Réjouissez-vous et exultez, car votre récompense est abondante dans le ciel. De cette façon en effet ils ont persécuté les prophètes aussi, qui étaient avant vous ». Et ailleurs : « Que celui qui veut marcher derrière moi, prenne sa croix et me suive ».