TheoFonsAux sources de la foi

Directoire général pour la catéchèse

DGC · Directoire · Congrégation pour le Clergé · 1997 · FR · 291 paragraphes · vatican.va ↗

Le message que transmet la catéchèse a un « caractère organique et hiérarchisé ». 388CT 31, qui présente également l'intégrité du message; cf. DGC (1971) 39 et 43. Il constitue une synthèse cohérente et vitale de la foi. Il s'organise autour du mystère de la Très Sainte Trinité, dans une perspective christocentrique, car il est « la source de tous les autres mystères de la foi, la lumière qui les illumine... ». 389CEC 234. A partir de ce mystère, l'harmonie de l'ensemble du message réclame une « hiérarchie des vérités », 390UR 11. car chacune d'elles est reliée de manière différente au fondement de la foi. Cependant, cette hiérarchie « ne signifie pas que certaines vérités concernent la foi moins que d'autres, mais que certaines vérités s'appuient sur d'autres plus importantes et reçoivent d'elles leur éclairage ». 391DGC (1971) 43.

Tous les aspects et les dimensions du message chrétien présentent ce caractère organique et hiérarchisé: – L'histoire du salut, qui raconte les « merveilles de Dieu » (mirabilia Dei), ce qu'il a accompli, accomplit et accomplira pour nous, s'organise autour de Jésus-Christ, « centre de l'histoire du salut ». 392DGC (1971) 41. La préparation à l'Evangile, dans l'Ancien Testament, la plénitude de la Révélation en Jésus-Christ, et le temps de l'Eglise structurent toute l'histoire du salut dont la création et l'eschatologie sont le commencement et la fin. – Le Symbole des Apôtres montre comment l'Eglise a toujours voulu présenter le mystère chrétien en une synthèse vitale. Ce Symbole est la synthèse et la clé de lecture de toute l'Ecriture et de toute la doctrine de l'Eglise qui s'ordonne hiérarchiquement autour de lui. 393St Cyrille de Jérusalem affirme au sujet du Symbole: « Cette synthèse de la foi n'a pas été faite selon les opinions humaines; mais on a recueilli dans toute l'Ecriture ce qui y était plus important, pour donner dans son intégrité l'unique enseignement de la foi » (Catecheses illuminandorum, 5, 12: PG 33, 521). Le texte est repris aussi dans CEC 186. Cf. CEC 194. – Les sacrements forment également un tout organique; comme des forces régénératrices, ils jaillissent du mystère pascal de Jésus-Christ, formant « un organisme en lequel chaque sacrement a sa place vitale ». 394CEC 1211. Dans cet organisme, l'Eucharistie tient une place unique; tous les autres sacrements lui sont ordonnés: elle est le « sacrement des sacrements ». 395Ibid. – Le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain présente — dans le message moral — la hiérarchie des valeurs établie par Jésus: « De ces commandements dépendent la Loi et les prophètes » (Mt 22,40). L'amour de Dieu et l'amour du prochain qui résument le décalogue constituent, s'ils sont vécus dans l'esprit des béatitudes évangéliques, la magna charta de la vie chrétienne que Jésus a proclamée dans le Sermon sur la montagne. 396St Augustin présente le Sermon sur la Montagne comme « la charte parfaite de la vie chrétienne qui contient tous les préceptes appropriés pour la guider » (De sermone Domini in monte, 1, 1: CCL 35, 1); Cf. EN 8. – Le Notre Père, résumant l'essence de l'Evangile, synthétise et hiérarchise les immenses richesses de prière contenues dans l'Ecriture Sainte et dans toute la vie de l'Eglise. Cette prière, proposée aux disciples par Jésus lui-même, fait transparaître la confiance filiale et les désirs les plus profonds avec lesquels une personne peut s'adresser à Dieu. 397Le Notre Père est, en vérité « le résumé de tout l'Evangile » (Tertullien, De oratione, 1: CSEL 20. 181); « Parcourez toutes les prières qui sont dans les Ecritures, et je ne crois pas que vous puissiez y trouver quelque chose qui ne soit pas compris dans l'Oraison dominicale » (S. Augustin, Epistola, 130, c. 12: PL 33, 502); cf. CEC 2761. Un message significatif pour la personne humaine

La Parole de Dieu, en se faisant homme, assume en tout la nature humaine, hormis le péché. Ainsi Jésus-Christ, qui est l'« image du Dieu invisible » (Col 1,15), est aussi l'homme parfait. On comprend dés lors qu'« en réalité, le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe Incarné ». 398GS 22a. En présentant le message chrétien, la catéchèse fait non seulement connaître Dieu et son dessein de salut, mais, comme l'a fait Jésus, elle manifeste aussi pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. 399Cf. ibid. En effet, la révélation « ... n'est pas isolée de la vie ni juxtaposée artificiellement à elle. Elle concerne le sens dernier de l'existence qu'elle éclaire tout entière, pour l'inspirer ou pour la critiquer, à la lumière de l'Evangile ». 400CT 22c; cf. EN 29. La relation entre message chrétien et l'expérience humaine n'est pas une simple question de méthode; elle découle de la finalité même de la catéchèse, à savoir, mettre la personne humaine en communion avec Jésus-Christ. Le Christ, dans sa vie terrestre, a vécu pleinement son humanité: « Il a travaillé avec des mains d'homme, il a pensé avec une intelligence d'homme, il a agi avec une volonté d'homme, il a aimé avec un cœur d'homme ». 401GS 22b. Donc, « tout ce que le Christ a vécu, Il fait que nous puissions le vivre en Lui et qu'Il le vive en nous ». 402CEC 521; cf. CEC 519-521. La catéchèse travaille à cette identité d'expérience humaine entre Jésus, le maître, et le disciple; elle enseigne à penser comme Lui, à agir comme Lui, à aimer comme Lui. 403Cf. CT 20b. Vivre la communion avec le Christ, c'est faire l'expérience de la vie nouvelle de la grâce.404Cf. Rm 6,4.

C'est pour cette raison éminemment christologique, qu'en présentant le message chrétien, la catéchèse « doit rendre les hommes attentifs à leurs expériences personnelles et sociales les plus marquantes; de même, son rôle est d'éclairer par l'Evangile les questions qu'elles suscitent, de manière à éveiller dans les hommes le juste désir de transformer leur mode de vie personnel ». 405DGC (1971) 74; Cf. CT 29. Ainsi: – Dans la première évangélisation, propre au précatéchuménat ou à la précatéchèse, l'annonce de l'Evangile se fera toujours en lien intime avec la nature humaine et ses aspirations, en montrant qu'il répond pleinement aux attentes du cœur humain. 406Cf. AG 8a. – Dans la catéchèse biblique, on aidera à interpréter la vie humaine actuelle à la lumière des expériences vécues par le Peuple d'Israël, par Jésus-Christ et par la communauté ecclésiale, dans laquelle l'Esprit du Christ ressuscité vit et agit sans cesse. – Dans l'explication du Symbole, la catéchèse montrera que les grands thèmes de la foi (la création, le péché originel, l'Incarnation, Pâques, la Pentecôte, l'eschatologie...) sont toujours une source de vie et de lumière pour l'être humain. – La catéchèse morale enseignera en quoi consiste une vie digne de l'Evangile, 407Cf. Ph 1,27. elle présentera les béatitudes comme l'esprit qui imprègne le décalogue, et les enracinera dans les vertus humaines présentes dans le cœur de l'homme. 408Cf. CEC 1697. – Dans la catéchèse liturgique, on se référera sans cesse aux grandes expériences humaines représentées par les signes et les symboles de l'action liturgique, à partir de la culture juive et chrétienne. 409Cf. CEC 1145-1152. Principe méthodologique pour la présentation du messages 410Cf. partie III, ch. 2.

Les normes et les critères indiqués dans ce chapitre et « qui ont trait à l'exposé du contenu de la catéchèse, doivent être appliqués dans les différentes formes de la catéchèse: catéchèse biblique et liturgique, résumé doctrinal, interprétation des conditions de l'existence humaine, etc... ». 411DGC (1971) 46. Ces critères et ces normes n'indiquent cependant pas l'ordre à suivre dans la présentation du contenu. En effet, « il se peut que dans la situation présente de la catéchèse, des raisons de méthode ou de pédagogie conseillent d'organiser, de telle façon plutôt que de telle autre, la communication des richesses du contenu de la catéchèse ». 412CT 31. On peut partir de Dieu pour arriver au Christ et vice versa; de même, on peut partir de la personne humaine pour arriver à Dieu et inversement. Le choix d'un ordre déterminé dans la présentation du message est conditionné par les circonstances et par la situation de foi de celui qui reçoit la catéchèse. Il faut réfléchir à la méthode pédagogique la mieux adaptée aux circonstances de vie de la communauté ecclésiale ou des destinataires de la catéchèse. D'où la nécessité d'une recherche attentive pour trouver les voies et les moyens qui répondent le mieux aux diverses situations. Dans ce domaine, il appartient aux évêques de donner des normes plus précises et de les appliquer grâce à des directoires de catéchèse, des catéchismes correspondants aux différents âges et conditions culturelles, et par d'autres moyens retenus plus opportuns. 413Cf. CIC 775 §§ 1-3.

Notes

  1. 388. CT 31, qui présente également l'intégrité du message;cf. DGC (1971) 39 et 43.
  2. 389. CEC 234.
  3. 390. UR 11.
  4. 391. DGC (1971) 43.
  5. 392. DGC (1971) 41.
  6. 393. St Cyrille de Jérusalem affirme au sujet du Symbole: « Cette synthèse de la foi n'a pas été faite selon les opinions humaines;mais on a recueilli dans toute l'Ecriture ce qui y était plus important, pour donner dans son intégrité l'unique enseignement de la foi » (Catecheses illuminandorum, 5, 12: PG 33, 521). Le texte est repris aussi dans CEC 186.Cf. CEC 194.
  7. 394. CEC 1211.
  8. 395. Ibid.
  9. 396. St Augustin présente le Sermon sur la Montagne comme « la charte parfaite de la vie chrétienne qui contient tous les préceptes appropriés pour la guider » (De sermone Domini in monte, 1, 1: CCL 35, 1);Cf. EN 8.
  10. 397. Le Notre Père est, en vérité « le résumé de tout l'Evangile » (Tertullien, De oratione, 1: CSEL 20. 181);« Parcourez toutes les prières qui sont dans les Ecritures, et je ne crois pas que vous puissiez y trouver quelque chose qui ne soit pas compris dans l'Oraison dominicale » (S. Augustin, Epistola, 130, c. 12: PL 33, 502);cf. CEC 2761.
  11. 398. GS 22a.
  12. 399. Cf. ibid.
  13. 400. CT 22c;cf. EN 29.
  14. 401. GS 22b.
  15. 402. CEC 521;cf. CEC 519-521.
  16. 403. Cf. CT 20b.
  17. 404. Cf. Rm 6,4.
  18. 405. DGC (1971) 74;Cf. CT 29.
  19. 406. Cf. AG 8a.
  20. 407. Cf. Ph 1,27.
  21. 408. Cf. CEC 1697.
  22. 409. Cf. CEC 1145-1152.
  23. 410. Cf. partie III, ch. 2.
  24. 411. DGC (1971) 46.
  25. 412. CT 31.
  26. 413. Cf. CIC 775 §§ 1-3.