TheoFonsAux sources de la foi

Directoire général pour la catéchèse

DGC · Directoire · Congrégation pour le Clergé · 1997 · FR · 291 paragraphes · vatican.va ↗

Cet exposé préliminaire souhaite encourager les pasteurs et les agents de la catéchèse à prendre conscience de la nécessité de toujours prêter une grande attention au terrain à ensemencer, et à le faire dans une vision de foi et de miséricorde. L'interprétation du monde contemporain qui est présentée ici a évidemment un caractère provisoire, lié aux contingences historiques. « Voici que le semeur est sorti pour semer » (Mc 4,3)

Cette parabole est source d'inspiration pour l'évangélisation. « La semence, c'est la parole de Dieu » (Lc 8,11). Le semeur est Jésus-Christ. Il annonça l'Evangile en Palestine il y a deux mille ans et envoya ses disciples le semer dans le monde. Jésus-Christ, aujourd'hui, présent dans l'Eglise par son Esprit, continue de répandre la Parole du Père dans le champ qu'est le monde. La qualité du terreau est toujours très variée. L'Evangile tombe « au bord du chemin » (Mc 4,4) lorsqu'il n'est pas réellement écouté; il tombe sur le « terrain rocheux » (Mc 4,5), sans pénétrer la terre en profondeur; « dans les épines » (Mc 4,7), et il est aussitôt étouffé dans le cœur des hommes, aux prises avec nombre de préoccupations. Mais une partie tombe « dans la bonne terre » (Mc 4,8), c'est-à-dire en des hommes et des femmes ouverts à la relation personnelle avec Dieu et solidaires avec leur prochain, et elle donne du fruit en abondance. Jésus, dans la parabole, annonce une bonne nouvelle: le Royaume de Dieu vient, en dépit des difficultés dues au terrain, des tensions, des conflits et des problèmes du monde. La semence de l'Evangile féconde l'histoire des hommes et annonce une récolte abondante. Jésus informe également que la Parole de Dieu ne germe que dans un cœur disposé à l'accueillir. Un regard sur le monde avec les yeux de la foi

L'Eglise continue de semer l'Evangile de Jésus dans le vaste champ de Dieu. Les chrétiens, insérés dans les contextes sociaux les plus divers, portent sur le monde le même regard que Jésus portait sur la société de son temps. Le disciple de Jésus-Christ participe, en effet, du dedans aux « joies et aux espoirs, aux tristesses et aux angoisses des hommes de ce temps »,12GS 1.il regarde l'histoire humaine, il y participe, non seulement avec la raison mais aussi avec la foi. A la lumière de la foi, le monde apparaît en même temps « fondé et conservé par l'amour du Créateur, tombé sous l'esclavage du péché, mais libéré par le Christ, crucifié et ressuscité et qui a brisé le parvoir du Malin ».13GS 2. Le chrétien sait qu'à toute réalité et événement humain sont sous-tendues en même temps: – l'action créatrice de Dieu, qui communique à tout être sa bonté, – la force engendrée du péché, qui limite et engourdit l'homme, – le dynamisme qui jaillit de la Pâque du Christ comme un germe de renouveau qui donne au croyant l'espérance d'un « accomplissement » 14Ibid. définitif. Un regard sur le monde qui ne tiendrait pas compte de l'un de ces trois aspects, ne serait pas authentiquement chrétien. C'est pourquoi il est important que la catéchèse sache initier les catéchumènes et les catéchisés à une lecture théologique des problèmes modernes.15Cf. SRS 35.

Notes

  1. 12. GS 1.
  2. 13. GS 2.
  3. 14. Ibid.
  4. 15. Cf. SRS 35.