Le semeur sait que la semence pénètre en des terreaux concrets et qu'il lui faut absorber tous les éléments nécessaires pour porter du fruit.27Cf. AG 22a. Il sait également que, parfois, certains de ces éléments peuvent compromettre la germination et la récolte. La constitution « Gaudium et Spes » souligne la grande importance de la science et de la technique dans la gestation et dans le développement de la culture moderne. La mentalité scientifique qui en découle « modifie profondément l'état culturel et les modes de penser »28GS 5. avec des conséquences humaines et religieuses considérables. La rationalité scientifique et expérimentale est profondément enracinée dans l'homme d'aujourd'hui. Cependant, la conscience que ce type de rationalité ne peut pas tout expliquer gagne aujourd'hui du terrain. Les hommes de science eux-mêmes constatent qu'un autre type de connaissance doit s'ajouter à la rigueur de l'expérience pour comprendre en profondeur l'être humain. La réflexion philosophique sur le langage montre, par exemple, que la pensée symbolique est une forme d'accès au mystère de la personne humaine, inaccessible autrement. D'où l'exigence d'une rationalité qui ne divise pas l'être humain, qui intègre son affectivité, l'unifie, donnant un sens plus profond à sa vie.
Ces « nouvelles formes de culture »29GS 54. s'accompagnent aujourd'hui d'un désir croissant de remettre en valeur les cultures autochtones. La question du Concile demeure: « Comment favoriser le dynamisme et l'expansion d'une culture nouvelle sans que disparaisse la fidélité vivante à l'héritage des traditions? ».30GS 56c. – En de nombreux lieux, on se rend compte que les cultures traditionnelles subissent l'agression d'influences extérieures dominantes et d'imitations aliénantes de modes de vie importés, qui minent progressivement l'identité et les valeurs propres des peuples. – On constate aussi l'influence considérable des moyens de communication qui, à des fins économiques ou idéologiques souvent, imposent une vision de la vie qui ne respecte pas la physionomie culturelle des peuples auxquels ils s'adressent. L'évangélisation trouve ainsi, dans l'inculturation, l'un de ses plus grands défis. L'Eglise, à la lumière de l'Evangile, doit assumer toutes les valeurs positives de la culture et des cultures,31Cf. EN 20; CT 53. et rejeter les éléments qui empêchent les personnes et les peuples de développer leurs potentialités authentiques.