Parmi les éléments qui constituent le patrimoine culturel d'un peuple, l'aspect religieux et moral revêt, pour le semeur, une importance particulière. L'indifférence religieuse continue de se diffuser dans la culture actuelle: « Beaucoup de nos contemporains (...) ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l'homme à Dieu ».32GS 19. L'athéisme, négation de Dieu, « compte parmi les faits les plus graves de ce temps ».33Ibid. Il s'exprime avec des nuances diverses mais, de nos jours, il se manifeste sous la forme du sécularisme qui consiste en une vision autonomiste de l'homme et du monde « d'après laquelle ce dernier s'explique par lui-même sans qu'il soit besoin de recourir à Dieu ».34EN 55; cf. GS 19 et LC 41. Dans le domaine spécifiquement religieux, il y a pourtant des « signes d'un retour au sens du sacré »,35Synode 1985, II, A, 1. d'une soif nouvelle de réalités trancendantes et divines. Le monde actuel témoigne, sous des formes toujours plus vastes et plus vives, d'« un réveil de la recherche religieuse ».36ChL 4. Ce phénomène n'est certes pas dépourvu d'ambiguités.37Cf. RM 38. La prolifération des sectes et des nouveaux mouvements religieux ainsi que la résurgence du « fondamentalisme »38CA 29 ad c; 46c. incitent l'Eglise à s'interroger sérieusement et méritent une analyse très attentive.
La situation morale évolue de la même manière, de nos jours, que la situation religieuse. On constate en effet un obscurcissement de la vérité ontologique de la personne humaine. Tout se passe comme si le refus de Dieu voulait signifier une rupture intérieure des aspirations de l'être humain.39Cf. GS 36. Jean-Paul II, dans l'Encyclique Dominum et vivificantem (18 mai 1996), n. 38: AAS 78 (1986), pp. 851-852, fait aussi ce rapprochement: « L'idéologie de la ?mort de Dieu' montre aisément par ses effets qu'elle est, sur le plan théorique comme sur le plan pratique, l'idéologie de la ?mort de l'homme' ». On assiste ainsi, en de nombreux endroits, à un « relativisme éthique qui enlève à la convivialité civile toute référence morale sûre ».40VS 101; cf. EV 19-20. L'évangélisation trouve dans le terrain religieux et moral un champ privilégié. La mission première de l'Eglise est, en effet, d'annoncer Dieu et d'être son témoin face au monde. Il s'agit de faire connaître le vrai visage de Dieu ainsi que son dessein d'amour et de salut pour les hommes, comme Jésus l'a révélé. Pour préparer de tels témoins, l'Eglise doit développer une catéchèse qui favorise la rencontre avec Dieu, et qui renforce un lien permanent de communion avec Lui.