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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Mais pourquoi parler des hommes, quand nous lisons au sujet des vertus et puissances célestes elles-mêmes que « personne n'a jamais vu Dieu » (Jn, I, 18) ? Et on ajoute, ce qui dépasse les puissances célestes : « Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a Lui-même révélé » (Ib.). Il faut donc nécessairement admettre, si personne n'a jamais vu Dieu le Père, que c'est le Fils qui s'est montré dans l'Ancien Testament, et les hérétiques doivent renoncer à le faire commencer à partir de la Vierge, puisqu'avant de naître de la Vierge II s'est montré. En tout cas on ne saurait contester que le Père, ou le Fils, ou même l'Esprit Saint, si toutefois l'Esprit Saint est visible, se manifestent selon l'apparence choisie par leur volonté et non façonnée par leur nature, puisque l'Esprit Saint lui-même, nous le savons, s'est fait voir en forme de colombe. Et si personne n'a jamais vu Dieu, c'est que la plénitude de la divinité qui habite en Dieu n'a été aperçue de personne : personne ne l'a saisie par la pensée ou le regard ; car « a vu » doit s'entendre de l'un et de l'autre. Aussi bien, en ajoutant : « Le Fils unique Lui-même l'a révélé», ce sont les âmes plutôt que les corps dont on indique le regard : l'apparence se voit, la puissance se révèle ; l'une est saisie par les yeux, l'autre par l'âme.