Ce n'est pas sans raison que l'ange apparaît dans le temple : enfin est annoncée la venue du prêtre véritable et se prépare le sacrifice céleste dont les anges feront le service. Et l'on dit bien qu'il apparut à celui qui l'aperçut soudainement. D'ailleurs c'est la tournure spéciale qu'aimé à employer pour les anges ou pour Dieu l'Ecriture divine, et par laquelle ce qu'on ne saurait prévoir est dit apparaître ; vous lisez en effet : « Dieu apparut à Abraham près de l'yeuse de Mambré » (Gen., XVIII, 1). Celui qu'on ne pressentait pas jusque-là mais qui se rend soudainement visible est réputé apparaître. On ne voit pas, en effet, de la même manière les objets sensibles et Celui de la volonté duquel il dépend d'être vu, dont la nature fait qu'on ne le voit pas, la volonté qu'on le voit ; car s'il ne le veut pas, on ne le voit pas ; s'il le veut, on le voit. Dieu est apparu à Abraham parce qu'il l'a voulu ; à tel autre, ne le voulant pas, II n'est pas apparu. De même Étienne, étant lapidé par le peuple, a vu le ciel s'ouvrir ; il a aussi vu Jésus debout à la droite de Dieu (Act., VII, 55), et le peuple ne le voyait pas. Isaïe a vu le Seigneur des armées (Is., VI, 1), mais nul autre n'a pu le voir, parce qu'il est apparu à qui il Lui a plu.