Mais le courageux dit : « Si un camp se dresse contre moi, mon coeur ne craindra pas ; si la lutte se soulève contre moi, même alors j'espérerai » (Ps. 26, 3). Il est debout à son rang, présentant la poitrine à l'ennemi ; même si quelque Goliath se dresse, féroce et gigantesque, parmi l'effroi des autres il se lève, comme l'humble David, rejetant les armes du roi de la terre (I Sam., XVII), prenant les traits plus légers de la foi ; et, brandissant dans une triple tresse le projectile d'une pure confession de foi, il blesse l'impudence du persécuteur, méprisant ses menaces, insouciant de son pouvoir, méritant même que le Christ parle en lui. Tantôt c'est le Christ, tantôt le Père, tantôt l'Esprit du Père qui parle ; il n'y a là nulle dissonance, mais accord : ce que dit l'un, les trois le disent, car la Trinité n'a qu'une voix. Au-devant de ce vainqueur, qui a frappé Goliath de son glaive en accueillant la mort pour le Christ et mis en fuite les Philistins, voici venir les jeunes filles, celles qui sont comme les aigles : « Saûl, disent-elles, en a tué mille, David dix mille» (I Sam., XVIII, 7) : preuve que les vainqueurs du monde passent avant ses princes. Aussi bien les rois meurent, les martyrs héritent à jamais des honneurs du royaume de la grâce céleste ; et les premiers deviennent les suppliants, les seconds leurs patrons.