Il est encore un autre glaive de Goliath, une autre flèche du diable : la parole des hérétiques. L'homme qui sait chanter s'en empare pour vaincre l'adversaire ; il entend parler des guerres sans les subir ; nul vent de doctrine ne le remue, ne l'inquiète (Ephés., IV, 14) ; il ignore la faim de la parole, rassasié qu'il est des richesses de la divine Ecriture ; il ne craint pas de harceler celui qui fait retentir les vains propos des hérétiques. Alors celui qui est faible doit attendre, pour ne pas faire tort aux autres dans un engagement inégal. Vienne David, à qui le Christ ouvrira la bouche pour parler des mystères ; vienne ce Nazaréen dont aucun cheveu ne doit tomber : soit parce qu'il ne possède aucun superflu qui puisse tomber, soit parce qu'il ne perdra rien de ses vertus les plus élevées ; chaste en sa sobriété, courageux dans la paix, maître jusqu'au bout de toutes ses pensées et paroles.