Et c'est à bon droit qu'il remet son esprit, puisqu'il est conservé ; car chose confiée n'est pas perdue. L'esprit est donc un bon gage, un bon dépôt ; aussi tel a-t-il dit : « O Timothée, garde le bon dépôt » (II Tim., I, 14). Il remet au Père son esprit ; aussi dit-Il : « Vous ne laisserez pas mon âme dans les enfers » (Ps. 15, 10). Or voyez le grand mystère : maintenant Il remet aux mains du Père son esprit, maintenant Il repose au sein du Père, parce que nul autre ne peut contenir le Christ tout entier ; aussi bien « je suis, dit-Il, dans le Père, et le Père en moi » (Jn, XIV, 10). Il remet donc au Père son esprit ; mais, s'il est dans les hauteurs, Il éclaire les enfers eux-mêmes, pour que toutes choses soient rachetées ; car « le Christ est tout, et tout est dans le Christ » (Col., III, 11), bien que le Christ agisse en chaque partie. La chair meurt pour ressusciter ; l'esprit est remis au Père, afin que les cieux mêmes fussent délivrés des liens de l'iniquité, et qu'il se produisît au ciel une paix que la terre pourrait imiter. « Et sur ces mots, Il rendit l'âme. »