Ce qui suit maintenant montre que la fin du monde aura lieu à cause de l'impiété des hommes. Ainsi la Passion du Seigneur fournit les signes que le présent s'écroulera pour que se lève le futur. Les ténèbres donc se sont répandues sur les yeux des incroyants, pour que la lumière de la foi reparût ; le soleil s'est couché ou dérobé aux sacrilèges, pour voiler le spectacle du meurtre criminel ; les rochers se sont fendus, afin que la brèche des rocs fît paraître qu'à l'avenir la force de la parole pénétrerait la dureté des cœurs, pour rendre plus facile aux chasseurs prophétisés par Jérémie (XVI, 16) de faire la chasse pour le Seigneur dans les creux des rochers. Quant aux tombeaux ouverts, n'annoncent-ils pas la rupture des prisons de la mort, et la résurrection des morts, dont la vue faisait foi, dont l'apparition était figurative ? Car en sortant dans la ville sainte, ils annonçaient, sous les apparences du présent, que la Jérusalem céleste sera le rendez-vous éternel des ressuscites. De même encore le voile est déchiré, ce qui proclame soit la séparation des deux peuples, soit la profanation des mystères de la Synagogue. L'antique voile est donc déchiré, pour que la nouvelle Église suspende ses tentures78 ; le voile de la Synagogue est enlevé, pour permettre au regard de notre âme de contempler à découvert (II Cor., III, 14) les mystères secrets de la religion. Enfin voici que le centurion lui-même proclame Fils de Dieu Celui qu'il avait crucifié. O cœurs des Juifs plus durs que les rochers ! Les pierres se fendent, mais leurs cœurs s'endurcissent. Le juge les accuse, l'exécuteur croit, le traître condamne son crime à la peine de mort, les éléments se dérobent, la terre est ébranlée, les tombeaux s'ouvrent; cependant la dureté des Juifs demeure immuable parmi les secousses de l'univers.