« Homme de douleurs, est-il dit, et sachant porter les souffrances » (Is., LIII, 3), Il a voulu nous instruire. Joseph nous avait appris à ne pas craindre la prison ; dans le Christ nous apprendrions à vaincre la mort ; mieux encore : comment vaincre l'angoisse de la mort à venir. Aussi bien comment vous imiterions-nous, Seigneur Jésus, à moins de vous suivre comme homme, de croire que vous êtes mort, d'avoir vu vos blessures ? Comment les disciples auraient-ils cru qu'il allait mourir, s'ils n'avaient constaté l'angoisse d'un mourant ? Ainsi ils dorment encore et ignorent la douleur, eux pour qui le Christ était dans la douleur. C'est ce que nous lisons : « Il porte nos péchés, et pour nous Il souffre » (Is., LIII, 4). Vous souffrez donc, Seigneur, non de vos blessures, mais des miennes, non de votre mort, mais de notre infirmité ; et nous vous regardions, nous, comme en proie à la douleur, quand vous souffriez non pour vous, mais pour moi.