Considérons enfin la valeur propre des mots : « Mon âme est triste », et ailleurs : « Maintenant mon âme est dans un trouble extrême » — le trouble n'est donc pas pour Celui qui a pris une âme, mais pour celle qui a été prise : car l'âme est sujette aux passions, la divinité en est exempte — enfin : « L'esprit est prompt, la chair infirme. » Triste, ce n'est pas Lui qui l'est, mais son âme. La Sagesse n'est pas triste, ni la substance divine, mais l'âme : car Il a pris mon âme, Il a pris mon corps. Il ne m'a pas trompé en étant autre qu'il paraissait : triste Il paraissait, et triste Il était, non de sa souffrance, mais de notre dispersion ; aussi bien est-il dit : « Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées » (Matth., XXVI, 31, d'après Zach., XIII, 7). Il était triste de nous laisser si petits. Quant au reste, l'Écriture nous dit avec quel courage II s'offre à la mort, allant au-devant de ceux qui le cherchent, raffermissant les troublés, excitant les tremblants, daignant accepter le baiser du traître.