Grande manifestation de la puissance divine, grande leçon de vertu. Le dessein de trahison est démasqué, et cependant la patience ne se refuse pas. Vous avez montré, Seigneur, qui il livrait, en dévoilant son secret. Vous avez encore montré qui il livrait, en disant : « le Fils de l'homme » : car c'est la chair, non la divinité, que l'on arrête ; cependant, c'est pour l'ingrat un reproche de plus d'avoir livré Celui qui, étant Fils de Dieu, avait pour nous voulu être Fils de l'homme ; Il semble dire : C'est pour toi, ingrat, que j'ai pris ce que tu livres. Quelle hypocrisie ! Il faut donc, à mon avis, lire avec une interrogation, comme si, dans un sentiment affectueux, Il reprenait le traître : « Judas, est-ce par un baiser que tu livres le Fils de l'homme » ? Autrement dit : c'est par le gage de l'amour que tu m'infliges la blessure, par la marque de l'affection que tu verses mon sang, par le signe de la paix que tu me donnes la mort, que toi serviteur tu livres ton Seigneur, disciple ton Maître, choisi ton Créateur ? C'est bien le cas de dire : « Les blessures d'un ami valent mieux que les baisers calculés d'un ennemi » (Prov., XXVII, 6). Ceci pour le traître ; du pacifique, que dit-Il ? « Qu'il me baise des baisers de sa bouche » (Cant., I, 1) !