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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Le saint Baptiseur donne encore la réponse qui convient à chaque profession humaine, celle qui est unique pour tous : aux publicains, par exemple, de ne pas exiger plus que la taxe, aux soldats de ne pas faire tort, de ne pas chercher à piller, leur rappelant que la solde de l'armée a été instituée pour que la recherche de leur subsistance ne déchaîne pas le brigandage. Mais ces préceptes, et les autres, sont propres à chaque fonction ; la miséricorde est d'un usage commun, donc le précepte commun : à toute fonction, à tout âge elle est nécessaire jet tous doivent l'exercer. Ni le publicain ni le soldat n'en sont exemptés, ni l'agriculteur ou le citadin, le riche ou le pauvre : tous ensemble sont avertis de donner à celui qui n'a pas. Car la miséricorde est la plénitude des vertus ; aussi à tous est proposée la règle de la vertu achevée : ne pas être avare de ses vêtements et de ses aliments. Cependant la miséricorde même garde une mesure selon les ressources de la condition humaine, en sorte que chacun ne se dépouille pas entièrement mais partage ce qu'il a avec le pauvre. « Comme le peuple se demandait et pensait au fond du coeur si Jean ne serait pas le Christ en personne, il leur adressa ces paroles : Moi, je vous baptise dans l'eau pour la pénitence » (Matth., III, 11).