Le frère cadet, c'est la seconde forme de la sainteté : la première existe chez les patriarches, la seconde chez les rois et les pontifes. Les deux vies sont selon Dieu, parce que ceux-là mêmes qui ont mené le combat de la religion et de la piété selon la loi de Moïse ne sont pas dépourvus de grâce et d'honneur ; mais le fruit de la piété existe d'abord dans les ancêtres, puis dans leurs héritiers. En fait, le premier venu fut Zara, dont le nom se traduit Orient ; car la lumière de la piété est la splendeur du véritable Orient — celui, bien entendu, qui a dit : « Orient est mon nom » (Zach., VI, 12), dont le rayon lumineux a brillé tout d'abord dans les patriarches. Ceux-ci en effet ont les premiers exercé dans le monde l'activité de leur vie, et par leur main s'est d'abord montrée la figure de notre activité à nous, le corps complet, qui étions encore comme retenus au sein de mère nature ; mais comme une cloison s'interposa l'observance de la Loi, et la vie des ancêtres fut comme interrompue ; c'est d'elle que, selon la figure, cette sage-femme, peut-être la justice qui nous accueillit au sortir du sein de mère nature, est rapportée avoir dit : « Celui-ci sortira le premier. » Et réellement c'était chose merveilleuse que ce genre de sainteté, inculqué non par Moïse, ni par un homme quelconque, ni au moyen d'un homme, mais par un bienfait de la sagesse se communiquant spontanément.