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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Donc la première école de sainteté est celle de l'Évangile, parce que nous croyons par la croix et le sang du Christ, dont Abraham a vu le jour avec joie (Jn, VIII, 56), dont Noé a pressenti, par une connaissance spirituelle, la grâce représentée par la figure de l'Eglise, dont Isaac n'a pas refusé de tenir le rôle dans le sacrifice, que Jacob a adoré dans sa victoire (Gen., XXXII, 25), dont Isaïe a vu le vêtement rouge (Is., LXIII, 2) — car la vie des prophètes aussi relève de l'Évangile — dont le sang devait, parmi les calamités du monde, assurer le salut de tous, comme l'a montré cette Rahab, femme publique quant à la figure, quant au mystère l'Église, qui ne refuse pas le commerce de nombreux amants, d'autant plus chaste qu'elle s'unit à un plus grand nombre, vierge sans tache, sans ride (Éphés., V, 27), intacte par la pureté, à tous par l'amour, chaste femme publique, veuve stérile, vierge féconde : femme publique, car de nombreux amants viennent à elle par l'attrait de la dilection, et sans souillure de péché (car « celui qui s'attache à une femme publique n'est qu'un seul corps avec elle » I Cor., VI, 16) ; veuve stérile, qui ne sait enfanter en l'absence de l'époux — l'époux est venu, et elle a engendré ce peuple et cette foule — vierge féconde, qui a mis au jour cette multitude avec les fruits de l'amour, sans goûter au plaisir.